L’INCAD Paris : Institut d’Endoscopie des Cancers Digestifs

L’endoscopie digestive

Colonne d’endoscopie

L’exploration des organes digestifs est réalisée grâce à des endoscopes qui sont des tubes fins et flexibles contenant des canaux et équipés d’un système vidéo. L’endoscopie permet ainsi de porter un diagnostic en visualisant les anomalies du tube digestif, mais également de réaliser des biopsies et de traiter certaines de ces anomalies.

Dans les canaux des endoscopes, il est possible d’insérer des dispositifs médicaux permettant de réaliser des biopsies et/ou de nombreux traitements par « l’intérieur » comme par exemple l’ablation ou la destruction des lésions précancéreuses ou des cancers superficiels, mais aussi la coagulation des vaisseaux en cas de saignement digestif.

Plusieurs techniques endoscopiques sont possibles. Leur choix dépend de l’organe à explorer et du caractère diagnostique ou thérapeutique de la procédure.

Le cancer colorectal

Le cancer colorectal (CCR) est le troisième cancer le plus fréquent en France et le deuxième en termes de mortalité. Il est développé dans environ 80 % des cas à partir d’une excroissance de la muqueuse colorectale appelée polype. La coloscopie permet de visualiser ce polype, de prédire sa nature (bénin ou cancer) et de l’enlever en conservant le côlon ou le rectum. Ce traitement endoscopique permet de diminuer l’incidence et la mortalité du cancer colorectal.

Êtes-vous concerné par le dépistage du CCR ?

  • Si vous avez un antécédent familial de cancer colorectal ou de polypes colorectaux, il est recommandé de faire une coloscopie.
  • Si vous avez un antécédent personnel de maladie inflammatoire chronique de l’intestin (Crohn et rectocolite hémorragique) ou plus rarement une maladie génétique (polypose, syndrome de Lynch), il est recommandé de faire une coloscopie.
  • Si vous avez des symptômes digestifs alarmants (sang dans les selles, douleurs abdominales…), il faut consulter un gastroentérologue et discuter une coloscopie.
  • Si n’avez pas d’antécédent familiaux et que vous avez plus de 50 ans, il est recommandé de faire un Test Immunologique Fécal (recherche de traces de sang dans les selles) : le test FIT.
  • Si le test FIT est positif (4% des cas environ), il faut faire une coloscopie.

Les habitudes de vie (consommation excessive de graisses animales et viandes rouges, inactivité physique, surpoids, consommation d’alcool et de tabac) ont également été incriminées dans la survenue d’un cancer colorectal.

Peut-on traiter un cancer colorectal en endoscopie ?

La coloscopie permet de diagnostiquer un cancer colorectal et d’évaluer son stade. Un traitement endoscopique est possible lorsque l’analyse in vivo montre un aspect superficiel du cancer. Les techniques de résection sont multiples. Les principales sont la mucosectomie et la dissection sous muqueuse. Cette dernière technique nécessite une expertise spécifique de l’opérateur. Elle permet une ablation de toute la lésion cancéreuse en un seul fragment et sans limite de taille.

Faut-il prévoir une surveillance après une coloscopie ?

Il faut toujours se poser la question de la surveillance après une coloscopie car des polypes ou cancers peuvent avoir été manqués ou se développer à distance, même si cela est rare. Le rythme de la surveillance est défini par votre gastro-entérologue et dépend de la nature histologique du polype/cancer, du nombre et de la taille des polypes, de la qualité de la préparation colique et de vos antécédents personnels.

Le cancer de l’œsophage

Le cancer de l’œsophage touche environ 5 000 personnes par an en France. Il est habituellement diagnostiqué à un stade avancé, à l’occasion de symptômes tels qu’un amaigrissement et une difficulté à avaler les aliments solides. A ce stade, les traitements reposent sur la chimiothérapie, et plus rarement la radiothérapie ou une intervention chirurgicale lourde, l’oesophagectomie. Les facteurs de risque de cancer de l’œsophage sont pourtant bien connus, et il est possible, grâce à l’endoscopie oesogastroduodénale, de dépister les états précancéreux de l’oesophage et de proposer des protocoles de surveillance et de traitement en endoscopie prévenant la survenue d’un cancer de l’œsophage.

Le carcinome épidermoïde résulte le plus souvent d’une exposition excessive à l’alcool et au tabac, plus rarement d’une radiothérapie du thorax ayant atteint l’œsophage. Les patients ayant déjà été pris en charge pour un carcinome épidermoïde de la sphère ORL ou un cancer du poumon sont ainsi particulièrement à risque et doivent être dépistés par un gastro-entérologue. L’endoscopie oesogastroduodénale est à même de diagnostiquer la dysplasie, c’est-à-dire l’état précancéreux de la muqueuse œsophagienne et de proposer un traitement préservant l’organe oesophagien le plus souvent par dissection sous muqueuse.

L’adénocarcinome de l’œsophage est un autre type de cancer de l’œsophage, qui résulte de l’exposition chronique de l’œsophage au reflux gastro-oesophagien. Cette exposition acide peut, chez certains individus prédisposés (hommes de plus de 50 ans, surcharge pondérale, histoire familiale d’adénocarcinome de l’œsophage), induire une transformation de la muqueuse du bas œsophage en une muqueuse de type intestinal, aussi appelée métaplasie intestinale, œsophage de Barrett, endobrachyoesophage ou EBO. Cet œsophage de Barrett peut lui-même voire apparaitre des lésions dysplasiques, c’est-à-dire précancéreuses. L’endoscopie oesogastroduodénale est à même de surveiller les patients atteints d’un œsophage de Barrett, de diagnostiquer la dysplasie, c’est-à-dire l’état précancéreux, et de proposer un traitement préservant l’organe œsophagien, comme la radiofréquence, la mucosectomie ou la dissection sous muqueuse, pour éviter la survenue d’un cancer de l’œsophage.

Peut-on traiter un cancer de l’œsophage en endoscopie ?

OUI ! En l’absence de suivi et de traitement des états précancéreux de l’œsophage, les cancers de l’œsophage diagnostiqués dans des formes dites superficielles ou précoces (classées T1N0) sont éligibles à un traitement endoscopique curatif et préservant l’organe œsophagien et donc la qualité de vie des patients.


Le cancer de l’estomac

Comme le cancer de l’œsophage, le cancer de l’estomac est une pathologie grave, diagnostiquée le plus souvent sur des symptômes, donc à un stade avancé où le traitement curatif n’est plus possible. Là encore, les facteurs de risque sont pourtant bien connus (sexe masculin, histoire familiale, origine ethnique d’Asie du Sud Est, d’Europe de l’Est et du Sud, d’Amérique Centrale et du Sud, infection à Helicobacter Pylori, notion de gastrite atrophique et/ou de métaplasie intestinale gastrique, syndromes de prédisposition génétique) et l’endoscopie œsogastroduodénale peut identifier la présence d’atrophie gastrique ou de métaplasie intestinale, qui sont les anomalies de la muqueuse gastrique sur lesquelles se développent la dysplasie, puis le cancer gastrique. Là encore, des protocoles de surveillance endoscopique permettent de détecter au plus tôt la dysplasie, et, en la traitant, le plus souvent par dissection sous muqueuse, de prévenir la survenue d’un cancer de l’estomac.

Peut-on traiter un cancer de l’estomac en endoscopie ?

OUI ! En l’absence de suivi et de traitement des états précancéreux de l’estomac, les cancers de l’estomac diagnostiqués dans des formes dites superficielles ou précoces (classées T1N0) sont éligibles à un traitement endoscopique curatif et préservant l’organe, et donc la qualité de vie des patients.